Portraits de futurs prêtres

 

Au séminaire français, ils sont actuellement 12 diacres. Bientôt ils seront 12 prêtres. En cette année du jubilée de la miséricorde et à quelques semaines de leur ordination sacerdotale, deux d’entre eux nous partage leur témoignage. 

 

 

« MISERANDO ATQUE ELIGENDO »

 HerveGodin

 

En cette année de la Miséricorde et la lumière de la devise du Pape François, Hervé Godin, diacre du diocèse de Nantes, nous partage un témoignage sur sa vocation à quelques semaines de son ordination sacerdotale le 26 juin prochain. 

 

La devise du pape François résonne d’une façon toute particulière pour moi qui ai la chance de vivre à Rome dans le cadre de mes études théologiques. Très souvent, il m’est arrivé de commenter pour des pèlerins (et plus souvent encore de les méditer) les toiles de Caravage dans l’église Saint Louis des Français et en particulier la très célèbre peinture de l’appel de Lévi. Cette œuvre met en lien de façon évidente la relation étroite entre l’appel du Seigneur et sa miséricorde. Cette dernière précède et enveloppe toute vocation. Il m’est apparu très vite dans mon parcours de discernement que l’appel dont j’avais été l’objet ne résultait pas de qualités particulières, de prédispositions ou d’une vie spirituelle particulièrement exceptionnelle, mais plutôt de l’absolue gratuité de Dieu. Longtemps, un des combats qui a différé ma réponse à cet appel fut de savoir si j’avais les qualités nécessaires pour être un prêtre. Serais-je capable ? Cela me semble être aujourd’hui une bien mauvaise question. La réponse me fut donnée par un prêtre du diocèse qui me dit un jour : « Dieu n’appelle pas seulement les gens capables, mais il rend capable ceux qu’il appelle.» Ces paroles libératrices m’ont fait saisir que si Dieu me choisit, c’est uniquement à cause de son amour miséricordieux qui vient transformer tout mon être et le recréer. Tous les pécheurs d’hommes sont avant tout des hommes repêchés. Il faut avoir été « miséricordié » pour devenir artisan et prophète de la miséricorde. A quelques semaines désormais de mon ordination sacerdotale, la miséricorde devient un axe pastoral qui doit colorer tout mon ministère. Le prêtre est choisi et pris à part pour porter à ses frères en humanité la miséricorde du Seigneur. L’ordination qui sera célébrée au cœur de ce jubilé de la Miséricorde voulu par le pape François, est un appel à vivre de ce don reçu pour le porter à ceux vers qui je serai envoyé.

 

Hervé GODIN

Diacre du diocèse de Nantes

1ère année de licence à la Grégorienne

 

 

« Dieu m’aime tel que je suis »

 JBBienvenu

 

Jean-Baptiste Bienvenu, diacre du diocèse de Versailles, sera ordonné prêtre le 26 juin prochain. Dans son discernement vocationnel, un événement a particulièrement compté : le jour où il a gouté à la miséricorde de Dieu dans le sacrement de la confession. 

 

J’ai entendu l’appel à devenir prêtre quand j’étais enfant, vers six ans, à peu près au moment où mon parrain de baptême est entré au séminaire. Autour de moi, que ce soit lui ou d’autres, je voyais des prêtres heureux et j’étais touché par le don de leur vie. Du coup, le sacerdoce me semblait une réalité accessible, envisageable, que j’ai commencé à fréquenter de plus près en me mettant au service de l’autel.

Au cours de mon adolescence, un événement a particulièrement compté. C’était un soir d’été à Paray-le-Monial où les jeunes étaient invités à se confesser. Pour ma part, je n’avais pas envie d’y aller… Peur d’être vrai avec moi-même ? Peur du regard du prêtre ? En osant malgré tout m’approcher, j’ai goûté à un amour sans condition, un amour totalement gratuit ; j’ai expérimenté que Dieu m’aime tel que je suis. Et j’ai compris que le prêtre est au service de cet amour, qu’il en est le témoin privilégié. Ce soir-là, il y a eu comme un déclic : si le Christ est mon ami, alors je veux passer du temps avec lui. J’ai donc commencé à prier régulièrement, en m’arrêtant le matin à l’adoration avant d’aller au lycée. Ce fut en quelque sorte le passage d’une foi d’enfant à ma foi d’adulte. D’ailleurs, c’est à peu près à cette époque que j’ai demandé à recevoir la confirmation.

Après le bac, je me suis lancé dans des études d’ingénieur. J’y ai découvert la joie de l’effort intellectuel et, à travers les stages, l’enthousiasme de travailler, de produire des choses utiles à la société. Dans le même temps, je me suis aussi engagé au service de Chrétiens en Grande Ecole, puisqu’on m’avait proposé d’être membre du bureau de l’association. En servant mes frères et sœurs chrétiens sur tous les campus de France, en les visitant, en me rendant attentif à leurs besoins, j’ai goûté combien il est bon de servir l’Eglise, et j’ai appris à apprécier sa beauté toujours nouvelle. C’est aussi l’époque où j’ai découvert dans la Communauté de l’Emmanuel une manière propre de vivre l’appel à la sainteté : des baptisés de tous horizons, prêtres, laïcs, consacrés, riches, pauvres, jeunes, vieux, cherchent à avancer ensemble vers Jésus, jamais les uns sans les autres. C’était comme cela que je voulais vivre ma réponse à l’appel de Dieu. Je suis donc entré dans l’Emmanuel.

Une fois diplômé, j’ai commencé par l’année de fondation spirituelle de la Communauté de l’Emmanuel à Namur, avant mon premier cycle au Séminaire de Versailles et d’arriver à Rome pour le baccalauréat de théologie; je poursuis maintenant par une licence à l’Institut Jean Paul II. 

Le 26 juin prochain, je serai ordonné prêtre: enfin !, car c’est une perspective enthousiasmante; déjà !, car le mystère du sacerdoce est si grand qu’aucune préparation n’est complète, et c’est bien humblement que je me présente à l’Eglise.

 

Jean-Baptiste Bienvenu

Diacre du diocèse de Versailles

1ère année de licence à l’institut Jean-Paul II

 

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