Une pièce de théâtre au Séminaire français

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Le vendredi 4 avril 2014, la pièce sera représentée à 20h30. Sa durée est d’1h30.

Au terme des représentations du samedi 5 et du dimanche 6 avril, à 17h, le Séminaire vous convie à un apéritif dans le cortile puis, à 19h30, à vous unir à la communauté pour les vêpres à la chapelle.

 

 

J'ai trouvé en [Saint Frère Albert] un appui spirituel particulier et un exemple lorsque je me suis éloigné de la littérature et du théâtre, pour faire le choix radical de la vocation au sacerdoce. Par la suite, l'une de mes joies les plus grandes a été de l'élever aux honneurs des autels comme, auparavant, celle de lui consacrer une pièce de théâtre: "Frère de notre Dieu." Bienheureux Jean Paul II

 

 

Frère de Notre Dieu

Tout part d’une rencontre silencieuse entre un peintre, Adam et des pauvres. Adam cherche d’abord à exprimer cette nouvelle expérience sur la toile. Néanmoins quelque chose lui laisse penser qu’il lui faut faire plus. Pourtant, il a un don artistique indéniable. Et puis, que peut-il faire, lui, Adam Chmielowsky, devant tant de misère ? Comment faire lorsque toutes ses tentatives de répondre à une exigence intérieure s’avèrent si limitées, si pauvres ? Faut-il changer le système au prix d’une révolution ? « Faire la charité » tout en sachant que cela ne supprimera par la pauvreté ? Se donner totalement aux pauvres ? Et son art ? Ce don de Dieu, qu’en ferait-il alors ?

 

-          Que me conseillez-vous, mon Père ?

-         Fais confiance à l’amour. Il saura te former.

-          Comment ?

-      Je ne sais pas. Ton amour t’appartient. Il est le bien qui t’a été donné. Je ne peux pas juger ton amour jusque dans ses moindres frémissements.

(Acte II, scène 4)

 

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En raison de son genre rapsodique, la pièce, qui s’appuie sur la vie de Saint Frère Albert, n’a rien d’une biographie. Elle embrasse une réflexion plus ample qui touche à trois réalités distinctes mais pourtant toujours enchevêtrées dans la vie d’un artiste : celle d’un peintre, celle de l’homme inséré dans un contexte social défini, celle enfin d’un parcours personnel où Dieu a place et cette réalité-là s’appelle vocation.

Si est présentée ici l’émergence d’une vocation religieuse, il faut pourtant y reconnaître un processus de maturation valable pour tout appel, que ce soit celui au mariage, à la vie consacrée ou à la vie sacerdotale.

On y trouvera aussi un fruit du parcours personnel de Karol Wojtyła, philologue et acteur avant de devenir le prêtre puis pape invoqué désormais sous le nom de Bienheureux et bientôt  de Saint Jean Paul II.

 

Saint Frère Albert

Formellement, la pièce Frère de Notre Dieu se fonde sur la vie de Adam Chmielowsky, peintre polonais né en 1845. L’échec de l’insurrection polonaise de 1863 pour se défaire du joug russe le conduit à réfléchir sur le moyen d’unir en sa vie passion pour l’art et désir de servir Dieu et les hommes. Après une longue réflexion, stimulée par l’exemple de la vie de Saint François d’Assise, Adam Chmielowsky devient frère Albert. Nous sommes en 1887. Il fonde ensuite l’ordre des Albertins à Cracovie – les Frères du Tiers-Ordre de Saint François, Serviteurs des pauvres – dont la vocation est d’accueillir les miséreux des villes. Cela commence avec l’hospice de Varsovie. Il meurt à Noël 1916 dans l’un d’entre eux. Il est canonisé par Jean Paul II le 12 novembre 1989.

 

Le Théâtre Rhapsodique

 

Karol Wojtyła écrit le texte définitif de la pièce Frère de Notre Dieu en 1949, c’est-à-dire quatre ans après sonattachment ordination sacerdotale ; il a 30 ans. La situation de la Pologne n’est alors pas brillante. Après avoir subie l’occupation nazie, elle doit supporter son intégration au glacis défensif de l’U.R.S.S. L’heure n’est donc pas à la liberté de pensée. Pourtant, à l’image de tant d’autres moments littéraires de cette terre, le Théâtre Rapsodique – le Théâtre de la Parole – né en Pologne dans ce contexte d’oppression, cherche encore à faire vivre l’identité polonaise pour préparer l’avenir.

Ce théâtre se fonde sur le primat de la parole. Ainsi, l’acteur traduit son rôle moins par ses gestes que par l’expression d’un texte qu’il sert. Dans ses articles sur le théâtre, Karol cherche à expliciter le sens de ce théâtre. Selon lui, si la parole a la première place, c’est parce que le sens de la pièce ne se trouve pas dans les événements. Ce n’est pas l’histoire qui nous fait avancer mais une réflexion à partir d’une question posée au début et à laquelle les personnages cherchent à répondre à l’intérieur d’eux-mêmes. Le débat est donc intérieur, tout en s’exprimant à plusieurs voix. Il se donne à  voir par la manière avec laquelle une intériorité se révèle, par à-coups, par petites touches, imprécises, maladroites, par avancées et reculades successives, de manière imprévisible. Si l’effet premier est d’obtenir une certaine complexité, le résultat n’en est pourtant que plus proche d’une réalité vécue que reflète bien ce proverbe cité par Claudel aux portes du Soulier de Satin, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes. »

Bienheureux Jean Paul II, priez pour nous !

 

Pour les décors de la pièce Frère de Notre Dieu, nous avons recours à la production de George Desvallières, dont la vie et l’œuvre offrent de belles correspondances avec la réflexion de Karol Wojtyła. Ce peintre, sans cesse attentif aux appels de Dieu, témoigne par sa conversion, son attention aux jeunes générations et son implication dans le renouveau de l’art religieux. Ces deux hommes transfigurés par la foi, nous ont laissé par leurs œuvres, une part du mystère de la Révélation.

Nous tenons à remercier chaleureusement Catherine de Bayser et Priscilla Hornus, petite-fille et arrière-petite fille du peintre, pour leur aide et leurs conseils.

 

Adresse : Via santa Chiara, 42. 00186 Roma. Italie. Tél : 0039 06 68 02 11

Séminaire pontifical français de Rome - Une pièce de théâtre au Séminaire français.
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