Le Synode sur la synodalité
Après 3 années, le Synode sur la synodalité touche à sa fin. Comme l’an dernier, le Séminaire pontifical français a logé plusieurs de ses membres participants. Six d’entre eux ont accepté de nous rencontrer à quelques jours de la fin de cette session : Anne Ferrand (laïque consacrée du diocèse de Rodez), le cardinal Jean-Marc Aveline (évêque de Marseille) et Mgrs Benoît Bertrand (évêque de Pontoise), Matthieu Rougé (évêque de Nanterre), Alexandre Joly (évêque de Troyes), Jean-Marc Eychenne (Grenoble).
Tous ont souligné la joie de se retrouver avec les autres membres du Synode, alors même qu’une absence si longue loin d’un diocèse peut être coûteuse. Cette joie semblait être liée au fait que ce qui avait été vécu l’année précédente était non seulement une expérience humaine forte, avec ses joies et ses tensions, mais aussi une véritable expérience spirituelle, avec un rythme cadré – proche de celui qu’on peut vivre lors d’une retraite – et avec ses conversions personnelles intérieures, ses déplacements. Comme le disait le cardinal Mario Grech dans son intervention initiale au début de cette session synodale : « Le synode est un lieu saint, une terre sainte. Il ne peut être qu’une prière, une liturgie. »
Plus profondément que l’expérience personnelle vécue par chacun, nos six hôtes ont également insisté sur le fait que le synode était avant tout un événement signe d’une action divine : événement ecclésial convoqué par Dieu, centré sur le Christ Ressuscité, à l’écoute de l’Esprit Saint pour un discernement ecclésial. La qualité de l’écoute et des dialogues pendant la session, favorisée non seulement par la méthode proposée mais aussi par la connaissance mutuelle renforcée par rapport à l’an dernier, a été un élément décisif pour mieux écouter l’Esprit Saint et progresser dans le discernement.
Enfin, tous ont souligné qu’après une session précédente plus axée sur l’expérience des communautés, cette session était plus sacramentelle, avec une plus grande densité théologique qui se ressentait à la fois dans les différentes interventions.
Quelques défis ont été relevés : comment, pour les participants, transmettre l’expérience vécue, et, pour toute l’Eglise, faire porter du fruit à cet événement ? Comment, avec ce qui a été vécu, développer ce qu’est la mission aujourd’hui ? Et pour des futurs prêtres, comment vivre cette réalité profonde que le prêtre n’est pas d’abord un chef mais un pasteur au service du troupeau de l’Unique Pasteur afin de faire surgir la communion missionnaire ?
Prions pour l’Eglise, confiants « qu’entre Jésus-Christ, notre Seigneur, qui est l’Époux, et l’Église, qui est son Épouse, il n’y a qu’un même Esprit qui nous gouverne et nous dirige pour le salut de nos âmes. » (Saint Ignace de Loyola, ES n°365)